L’édito de Cyril Chabanier : face à l’urgence, le sursaut n’est plus une option, c’est une exigence!

Publié le 22 juillet 2026

Si l’été s’est déjà révélé très chaud, la rentrée politique qui lui succédera devrait encore faire monter le mercure. Dans un contexte macroéconomique très lourd et à l’approche de l’échéance présidentielle, nos parlementaires débattront des budgets de l’Etat (PLF) et de la sécu (PLFSS) sous très haute tension. Les partenaires sociaux seront comme à leur habitude consultés sur les enjeux qui touchent à leur coeur de mission. Fidèle à sa ligne, la CFTC ne prendra pas à la légère les questions d’équilibre budgétaire et agira en responsabilité pour ne pas obérer l’avenir de nos enfants, de leurs emplois et de leurs droits à la protection sociale.

Je fais le vœu que cette ligne, responsable et courageuse, soit la plus partagée possible. Les constats en matière de dialogue social durant les six premiers mois de l’année n’invitent pourtant pas à l’optimisme tant les occasions de construire se sont avérées décevantes, sinon inopérantes. Cette apparente léthargie a des causes multiples et de diverses natures. Elles sont d’abord relatives au contexte international, peu favorable aux grandes réformes et à la prise de risque tant les incertitudes demeurent. Elles tiennent également au contexte national, avec un Parlement sans majorité au sein duquel il est devenu difficile de légiférer. Dans un tel climat, les entreprises et les employeurs retardent ou suspendent leurs projets d’investissement ou d’embauche. En matière de dialogue social, les organisations patronales se montrent peu enclines à négocier de nouveaux droits ou de nouvelles protections, préférant, comme souvent, attendre le verdict des urnes l’an prochain. L’absence de volonté d’aboutir est flagrante, car bâtir un compromis exige précisément de s’exposer. C’est accepter le risque d’aller vers l’autre et de faire un pas vers des intérêts qui ne sont pas d’abord les siens.

Prolonger cet état de fait, s’habituer à l’attentisme, laisser les choses en l’état produire leur seuls effets mécaniques, c’est insulter l’avenir. L’avenir de nos enfants, de notre jeunesse, dont les épaules supportent déjà aujourd’hui — et plus encore demain — le poids de la dette, qui est le strict reflet de nos renoncements. C’est pour cette jeunesse que nous devons prendre nos responsabilités, regarder bien en face les réalités et construire les solutions de demain. Les mécanismes qui règlent notre vie sociale, économique et collective datent, pour certains d’entre eux, de l’après-guerre. Ne pas les réformer, c’est accélérer leur fin.

Dès la rentrée, les partenaires sociaux devront impérativement se hisser à la hauteur de leurs devoirs. Des chantiers déterminants nous attendent : l’avenir de notre modèle social et de son financement, l’emploi sur fond de transitions écologique et numérique, la question des salaires, ou encore la réindustrialisation et la relocalisation de nos industries. Face à l’urgence, le sursaut n’est plus une option, c’est une exigence !

Par Cyril Chabanier

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