Hausse de la prime d’activité: une fausse solution à un vrai problème ?

Publié le 31 mars 2026

Inscrite dans la dernière loi de finances, la revalorisation de la prime d’activité – évaluée à 50 euros en moyenne – sera effective ce 1er avril 2026. Si cette mesure vise à faciliter le quotidien des salariés, la CFTC estime que seule une hausse globale des salaires serait à la hauteur des besoins des travailleurs – en particulier des plus précaires – afin qu’ils puissent vivre dignement de leur emploi.

Prévue par la dernière loi de finances, la hausse de la prime d’activité entre en vigueur ce 1er avril 2026. Pour rappel, cette prestation sociale – dont le montant de base est fixé à 633,21 euros pour une personne seule sans enfant – vise à encourager l’activité, en soutenant le pouvoir d’achat des travailleurs dont les revenus sont modestes. Estimée en moyenne à 50 euros par mois et par bénéficiaire, cette augmentation viserait à faire en sorte que « le travail paie plus », selon les mots du Premier Ministre, Sébastien Lecornu.

Prioriser la hausse des salaires à celle des prestations sociales

Si la CFTC ne peut que saluer toute revalorisation de la rémunération des travailleurs modestes, elle reste assez sceptique quant à la solution optée par le gouvernement. Pour notre organisation, le pouvoir d’achat doit en effet reposer prioritairement sur le juste salaire versé par l’entreprise, et non sur une perfusion permanente de fonds publics. En choisissant d’augmenter la hausse de la prime d’activité, l’Etat fait donc compenser par la contribution collective l’absence – ou du moins l’insuffisance – de revalorisations salariales des employeurs.

Prime d’activité : mode d’emploi

La prime d’activité est une prestation qui vient compléter le revenu des travailleurs modestes. Pour en bénéficier, il faut notamment être majeur, exercer une activité professionnelle et percevoir des revenus modestes ou encore résider en France de manière stable (au moins neuf mois dans l’année).

Le montant de la prime d’activité est personnalisé. Il dépend notamment: de la composition du foyer, des ressources du bénéficiaire et de l’ensemble des membres du foyer, des prestations sociales éventuellement perçues et de la situation du logement.

Pour la CFTC, les politiques publiques devraient à contrario prioritairement inciter les entreprises à redynamiser les salaires. A titre d’exemple, notre organisation avait notamment regretté la faible augmentation du SMIC, revalorisé de seulement 1.18% en 2026. De nos jours, le SMIC permet, au mieux, de subvenir à ses besoins élémentaires comme se nourrir, se loger et payer ses factures, mais il est aujourd’hui très loin de permettre à ses bénéficiaires de vivre dignement, au sens où la CFTC l’entend. Tout salaire devrait en effet aussi permettre d’avoir un accès raisonnable aux loisirs, aux biens culturels ou encore permettre d’épargner pour des projets d’avenir ou pour ses enfants. A cet égard, notre organisation avait plaidé pour une hausse de 5% du salaire minimum en 2026 qui, sans être insurmontable pour les entreprises, aurait pu agir positivement sur la consommation et donc la croissance. Pour la CFTC, c’est en effet d’abord le salaire qui doit assurer un train de vie décent aux salariés. La prime d’activité ne peut et ne doit pas s’y substituer, même partiellement.

AC

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