Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes en Normandie : chiffres clés 2026
La Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité (DRDFE) a confié au Carif-Oref de Normandie la réalisation d’une publication annuelle sur l’égalité entre les femmes et les hommes en Normandie. L’édition 2026 propose une mise à jour des chiffres-clés régionaux, enrichie de nouveaux indicateurs sur la répartition femmes/hommes dans des domaines clés : population, emploi, entrepreneuriat, marché du travail, formation, ruralité, violences faites aux femmes, santé et vie sociale.
Cette sixième édition de l’étude « Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes en Normandie » met en avant quatre dispositifs itinérants déployés en Normandie pour aller à la rencontre des femmes et des familles en milieu rural et dans les zones éloignées des services publics et ainsi accueillir, sensibiliser, accompagner et prévenir autour des droits des femmes et de l’égalité femmes-hommes. Elle valorise également les ateliers d’écriture « Histoires d’elles » à travers le témoignage de la directrice du Labo des histoires Normandie. Ces ateliers proposent à des jeunes d’explorer l’histoire des combats civiques des femmes, de découvrir des figures féminines locales inspirantes et d’exprimer leurs ressentis et opinions par l’écriture, à l’occasion des 80 ans du droit de vote des femmes.
Le sommaire :
- Les femmes dans la population normande
- Les femmes en emploi en Normandie
- L’index de l’égalité professionnelle
- L’entrepreneuriat par les femmes en Normandie
- Les femmes normandes sur le marché du travail
- Les élèves et les étudiantes en Normandie
- La situation des femmes en milieu rural
- Les violences faites aux femmes
- La santé des femmes
- Les femmes dans le sport, la culture et en politique
Les femmes dans la population normande
Les femmes plus nombreuses et plus âgées que les hommes
1 723 726 femmes vivent en Normandie en 2022 (soit 5,1 % des femmes françaises). Elles représentent 51,6 % de la population normande. Les femmes sont en moyenne plus âgées que les hommes : 31,6 % d’entre elles ont 60 ans ou plus (+ 5,1 points que les hommes), En 2016, la part des femmes de 60 ans ou plus était de 29,1 %.
Une monoparentalité largement féminine et davantage de femmes seules
La situation de pauvreté des femmes
En Normandie, les femmes / mères seules sont plus affectées que les hommes par la pauvreté :
- la pauvreté touche près de 20 % des femmes vivant seules
- 31,5 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté. Huit sur dix de ces familles ont une femme comme personne référente (plus précisément 87 % lorsqu’il s’agit de jeunes enfants, et 73 % pour les enfants plus âgés).
Les femmes en emploi en Normandie
Profil des femmes en emploi en Normandie
En Normandie, le taux d’activité des femmes est de 72,5 % contre 77 % pour les hommes. 64 % des femmes en âge de travailler sont en emploi. Même si l’écart de taux d’emploi femmes-hommes se réduit : 4,5 points en 2022 contre 5,3 points en 2016, il reste inférieur à celui des hommes.
La part du salariat est plus élevée chez les femmes (90,2 % contre 85,1 % chez les hommes). Parmi les femmes salariées, 83,2 % sont en CDI, 11,5 % en CDD, 0,7 % en contrat aidé et 4,6 % ont un autre type de contrat. Le secteur de l’agriculture est le seul secteur avec une part majoritaire de femmes indépendantes (53,4 %).
Le secteur de l’administration, de l’enseignement, de la santé et de l’action sociale est celui où les femmes sont les plus représentées avec 70,7 % de femmes en emploi. En revanche, le secteur le moins féminisé est celui de la construction (11,2 %). Le secteur du commerce, des transports et service divers est lui relativement équilibré (47,6 % c/ 52,4 %).
La part des femmes est majoritaire dans les métiers de services aux entreprises et aux particuliers. Ainsi, les familles professionnelles santé, service aux particuliers, gestion, banque / assurances, enseignement ont une part de femmes supérieur à 65 %.
La part des femmes diplômées du supérieur est plus élevée que celle des hommes. Pour le niveau d’études supérieures, la répartition femmes / hommes est 56 % / 44 %.
Conditions d’emploi des femmes en emploi en Normandie
Les femmes sont les premières concernées par le temps partiel : un quart (24,4 %) des femmes exerce une activité à temps partiel contre 7,9 % des hommes. Après 55 ans, le travail à temps partiel ne cesse d’augmenter chez les femmes puis qu’il concerne 30,5 % d’entre elles.
Le salaire des femmes comme celui des hommes progresse avec l’âge mais cette évolution reste plus faible pour les femmes. Ainsi, en début de carrière, l’écart de salaire net mensuel moyen entre une femme et un homme est de 5,8 % en défaveur des femmes.
Cet écart continue de se creuser au fil du temps pour atteindre près de 20 % en fin de carrière.
L’écart de salaire mensuel net moyen est moindre chez les employés (-4,8 %) mais il est plus marqué chez les cadres avec une différence de 16,4 % en défaveur des femmes (3 605 € contre 4 312 €).
Concernant la multi-activité, les femmes occupent plus fréquemment que les hommes au moins deux emplois simultanément (7,7 % contre 3,7 %).
Enfin, en Normandie, la voiture reste le mode de transport le plus utilisé pour se rendre à son travail aussi bien chez les femmes (78,3 %) que chez les hommes (81,6 %). Les femmes normandes sont 85,3 % à travailler dans la zone d’emploi où se trouve leur domicile (80 % pour les hommes).
L’index de l’égalité professionnelle
L’index de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes a été créé, en 2018, pour que soit appliqué le principe « à travail égal, salaire égal » inscrit dans la loi depuis plus de 45 ans. Avec cet index, les entreprises peuvent mesurer où elles en sont sur le plan de l’égalité professionnelle. En 2025, en Normandie, la note moyenne à l’index de l’égalité professionnelle est de 89 sur 100 (pour 730 entreprises) soit un point de plus qu’au niveau national. Cette note a baissé d’un point par rapport à l’année 2024. En Normandie, 5 % des entreprises ont obtenu la note de 100. Sur les 15 entreprises de plus de 1 000 salariés ayant déclaré la répartition femmes-hommes parmi leurs cadres dirigeants, seules 4 atteignent au moins 40 % de femmes dans les postes de direction.
L’entrepreneuriat par les femmes en Normandie
En 2024, en Normandie, 36,3 % des créateurs d’entreprise sont des femmes soit 3,2 points de plus qu’au niveau national. La Normandie est en première position, suivie par la Bretagne (36,0 %) et La Nouvelle Aquitaine qui fait son entrée (35,7 %) dans le top 3.
Le nombre de primes « Start Coup de Pouce » octroyées par la Région Normandie est de 2 830 entre 2023 et 2025. L’entrepreneuriat féminin confirme sa dynamique, no¬tamment dans les projets de reprise d’entreprise, où les femmes repré¬sentent 53 % des porteurs de projet ayant bénéficié de cette prime (43 % pour les projets de création d’entreprise).
Les femmes normandes sur le marché du travail
Le taux de chômage au 4e trimestre 2025 est 7,5 % en Normandie, il est identique au taux national. Le nombre de femmes inscrites en catégories A, B et C augmente entre 2024 et 2025 (+ 4,2 %).
Le profil des femmes inscrites à France Travail (catégories A, B et C) :
- 57,5 % des femmes inscrites à France Travail ont entre 25 et 49 ans
- 14,8 % un niveau 4e ou 3e, 29,1 % ont un niveau CAP ou BEP, 25,7 % un niveau bac et 30,4 % un niveau bac +2 ou plus
- 52,9 % des femmes inscrites à France Travail le sont depuis moins d’un an.
Les métiers les plus recherchés par les femmes inscrites à France Travail :
Les élèves et les étudiantes en Normandie
Un taux de scolarisation des 18-24 ans plus élevé chez les femmes
51,1 % des femmes âgées de 18 à 24 ans sont scolarisés (43,5 % pour les hommes).
La part des filles en baccalauréat général, technologique et professionnel
- Baccalauréat général : 56,1 %
A la rentrée 2025, le top 3 des enseignements de spécialité les plus choisis pour la terminale par les filles sont les sciences économiques et sociales, les sciences de la vie et de la terre et les mathématiques.
- Baccalauréat technologique : 50,1 %
- Baccalauréat professionnel : 42,2 %
La session 2025 montre une nouvelle fois, que le taux de réussite à l’examen est plus élevé chez les filles que chez les garçons, et ce quel que soit le baccalauréat :
- général : 96,7 % contre 95,3 %
- technologique : 91,7 % contre 89,9 %
- professionnel : 86,9 % contre 81,7 %.
Les femmes dans les établissements du supérieur
Sur l’ensemble du supérieur, on trouve 57 % de femmes et 43 % d’hommes. La répartition femmes / hommes par type de formation du supérieur :
La situation des femmes en milieu rural
Les femmes en milieu rural rencontrent des difficultés de mobilité pesant sur leur vie personnelle et professionnelle. A titre d’exemple : deux tiers des passagers des transports en commun sont des femmes mais la desserte en transports publics réguliers est cependant limitée en zone rurale. Et ce mode de transport est peu adapté aux spécificités des habitudes de déplacement des femmes (avec les enfants, les achats du quotidien…) et peut poser des problèmes de sécurité (éloignement des arrêts de bus).
Elles font face également à un choix de formation plus limité et contraint. Et pour celles qui travaillent, elles sont plus concernées par des emplois :
- précaires : 17,5 % des femmes salariées contre 13,4 % des femmes qui travaillent en commune urbaine
- à temps partiel : 31 % des femmes salariées contre 25 % des femmes qui travaillent en commune urbaine
- moins mixtes : 60 % des emplois dans les territoires ruraux sont dans des secteurs peu mixtes contre 47 % dans les territoires urbains
- dans le secteur médico-social (25 % des femmes y travaillent contre 11 % en ville) où les emplois sont plus souvent précaires, faiblement rémunérés et/ou à horaires atypiques.
Soutenus par la DRDFE, quatre dispositifs itinérants sont aujourd’hui déployés en Normandie afin de renforcer l’accès aux droits, la prévention des violences sexistes et sexuelles et l’accompagnement des femmes et des familles, notamment en milieu rural et dans les zones éloignées des services publics. Le van « Nina et Simon.e.s » (Seine-Maritime), le « Van Envol » (Eure), le « Camion des femmes » (Calvados) et le « Van Plurielles 61 » (Orne) reposent sur une démarche d’« aller-vers » permettant d’intervenir directement dans les lieux de vie et de passage. Ces dispositifs mobiles proposent des permanences d’écoute, d’information, d’orientation et de sensibilisation en lien étroit avec les acteurs locaux. La pertinence de leurs actions n’est plus à démontrer pour lutter contre l’isolement et les ruptures d’accès aux services au vu de l’importance des besoins repérés sur ces territoires.
Les violences faites aux femmes
Les violences conjugales
En 2024, en France, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint (dont 4 en Normandie). Le taux de victimisation (nombre de femmes victimes de violences conjugales pour 1 000 habitantes âgées de 15 à 64 ans) des femmes varie de 7,9 ‰ à 13,2 ‰ selon le département.
En 2024, en France, 84 % des victimes de violences conjugales sont des femmes. Ce taux atteint 98 % pour les violences sexuelles. 272 382 victimes de violences conjugales ont été enregistrées par la police et la gendarmerie soit une hausse de 0,4 % par rapport à 2023. Le niveau avait doublé entre 2016 et 2023 dans un contexte d’évolution des comportements dans la société qui peut favoriser la libération de la parole et une amélioration des conditions d’accueil réservées aux victimes qui portent plainte.
Toutefois d’après l’enquête de victimation « Vécu et ressenti en matière de sécurité » (VRS 2023), seule 1 victime de violences conjugales sur 6 porte plainte auprès des services de sécurité pour les faits qu’elle a subis. En France, l’aide universelle d’urgence a été attribuée à 60 000 victimes de violences conjugales entre 2023 et 2025. Cette aide permet à la victime de de faire face aux dépenses immédiates en cas de mise à l’abri ou de séparation.
Les violences sexistes et sexuelles
La police et la gendarmerie ont enregistré en 2025 : 94 954 victimes de violences sexuelles hors cadre familial ou conjugal (en hausse de 8 % par rapport à 2024).
Les femmes de 15 à 29 ans sont les plus touchées par les violences sexuelles commises en dehors du cadre familial ou conjugal, avec un taux de 6 victimes enregistrées pour 1 000 habitantes, près de trois fois supérieur au taux de victimes observé pour l’ensemble des femmes (2,3 pour 1 000 habitantes).
Les violences sexistes et sexuelles au travail
49 % des femmes ont déclaré avoir l’impression d’avoir été moins bien traitée en raison de leur genre dans leur travail (embauche, promotion, augmentation…) dont 10 % très souvent (6 fois ou plus).
Parmi les situations sexistes vécues par les femmes au travail, elles sont :
- 20 % à avoir un écart de salaire avec un collègue homme à poste égal ou compétences égales
- 19 % à rencontrer des difficultés à prendre la parole au sein d’un groupe en tant que femme
- 12 % à avoir vécu une discrimination à l’emploi
- 11 % à avoir subi des étreintes, baisers faits par un collègue ou un homme qu’elles ne connaissaient pas
- 7 % à avoir subi une insistance de la part d’un collègue homme pour avoir un rapport sexuel en échange d’une promotion ou d’une évolution professionnelle.
La santé des femmes
Quelques chiffres
- L’espérance de vie est de 85 ans pour les femmes et de 78,9 ans pour les hommes
- Le taux de bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) : 4,2 % pour les femmes et les hommes
- Le taux de recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) : 14,2 pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans.
Zoom sur la santé mentale, grande cause nationale 2025 et 2026
En Normandie, au cours des 12 mois précédant l’enquête 2024 de Santé publique France, 15,9 % des femmes adultes ont vécu un EDC, 7,1 % ont déclaré un TAG et 5,3 % déclarent avoir eu des pensées suicidaires. 6,6 % des femmes adultes déclarent avoir fait une tentative de suicide au moins une fois dans leur vie.
Les femmes dans le sport, la culture et en politique
Sport
En Normandie, on dénombre 792 098 licences sportives en 2024 dont 40 % sont féminines. La part des femmes âgées de 25 à 50 ans licenciées d’une fédération sportive chute de 7 points comparée à la tranche d’âge de 0 à 25 ans. Le podium des fédérations sportives chez les femmes est en 1re place l’équitation, suivi de la gymnastique et du tennis. Pour les hommes, il s’agit du football, du tennis suivi du handball. Parmi les sportifs normands de haut-niveau, 30 % sont des femmes.
Culture
En Normandie, la répartition femmes / hommes dans le spectacle vivant est la suivante :
- Direction artistique (la ou les personnes qui portent le projet artistique) : femmes : 33 % / hommes : 51 % / mixte : 15 % / non-binaire : 1 %
- Autrices / auteurs (la ou les personnes créditées pour avoir écrit le texte, la musique, la chorégraphie… utilisés pour le spectacle) : femmes : 30 % / hommes : 55 % / mixte : 15 %
- Artistes sur scène : femmes : 42 % / hommes : 58 %
- Direction des structures : femmes : 38 % / hommes : 48 % / mixte : 14 %.
Pour les arts visuels, parmi les artistes exposés : 38 % sont des femmes et 62 % sont des hommes.
Politique
En Normandie, seul, un maire sur quatre est une femme.
Malgré la parité sur les listes, en Normandie, les femmes ne représentent qu’un maire sur quatre (24,9 %) aux dernières élections municipales 2026. La part varie selon les départements, allant de 23 % dans l’Orne à 26,9 % dans le Calvados. Parmi les mandats d’adjoints, la représentation féminine est plus importante. Les femmes occupent 40,2 % des postes de premières adjointes, avec des taux plus élevés dans le Calvados et la Manche (43,9 %). Elles sont même majoritaires parmi les deuxièmes adjointes, atteignant 59,7 % à l’échelle régionale et jusqu’à 65,4 % dans l’Orne.
Dans le Monde, en 2026, 28 pays seulement sont dirigés par une femme cheffe d’État ou de gouvernement. Selon les calculs de l’Onu Femmes, il faudrait attendre 130 ans pour arriver à la parité.
Cette édition 2026 valorise, dans ces pages, le projet Histoires d’elles qui s’inscrit dans la commémoration des 80 ans du premier vote des Françaises (avril 1945). Initié par le Labo des histoires Normandie et les autorités régionales (Région, Draaf, Académie de Normandie), ce par-cours d’écriture créative implique cinq groupes de jeunes (lycéens et apprentis) à travers toute la Normandie. Accompagnés par des autrices professionnelles, les jeunes ont utilisé l’écriture pour comprendre les luttes pour les droits des femmes. Le projet aboutit à un recueil* de textes originaux et permet ainsi de valoriser le matrimoine du territoire normand ainsi que la vision des jeunes sur les droits des femmes aujourd’hui.


