Absentéisme: un «bouton d’alerte» permettra bientôt aux chefs d’entreprise de déclencher un contrôle en cas de suspicion d’abus
À quelques heures de l’annonce d’économies ciblées sur les arrêts de travail de longue durée, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a confirmé le souhait du gouvernement de renforcer les contrôles.
«C’est déjà le cas aujourd’hui mais ce sera plus facile et plus direct, un chef d’entreprise pourra solliciter la Caisse nationale d’assurance maladie pour déclencher des contrôles», a-t-il ainsi expliqué. De quoi selon lui «lutter contre les abus», prenant l’exemple de salariés en arrêt maladie qui publieraient des photos de «leur séjour au bord de la mer de l’autre côté de la Méditerranée». De là à demander aux chefs d’entreprise de surveiller voire fliquer ses salariés ? Jean-Pierre Farandou rappelle que ces derniers «le font déjà» et «ont déjà le droit aujourd’hui de déclencher des contrôles». «Il faut que les choses soient plus rapides. On va donner avec ce bouton d’alerte la possibilité d’accélérer la procédure», a-t-il détaillé.
Prévention et jours de carence
En parallèle, Jean-Pierre Farandou affirme vouloir «travailler sur la prévention», main dans la main avec les entreprises, «en s’attaquant particulièrement aux accidents du travail qui sont une cause d’arrêts maladie importante». Il souhaite ainsi aider les entreprises à bâtir des plans de prévention «plus efficaces» mais aussi à améliorer les conditions de travail. Le ministre a également appelé «à intensifier les soins» pour un certain nombre de pathologies comme les troubles musculosquelettiques, afin de réduire l’absentéisme de ces malades. «Ce qui coûte le plus cher à la Sécurité sociale, ce sont les arrêts longs (…) Rester deux ou trois ans sans travailler, ce n’est bon ni pour le salarié, ni pour l’entreprise», a-t-il notamment expliqué.
Quant à la question de réduire ou non les jours de carence, l’ancien patron de la SNCF s’est dit prêt à «ouvrir le débat» et étudier «toutes les pistes» en étroite collaboration avec les partenaires sociaux. «Il n’y a pas de tabou, mais il faut passer par le dialogue social. C’est très important, ce ne sont pas des choses que le gouvernement décidera de faire tout seul», a-t-il poursuivi, souhaitant «trouver le modèle adapté à notre situation française». Et même s’il faut selon lui «faire confiance aux médecins» qui délivrent les arrêts maladie, Jean-Pierre Farandou n’exclut pas pour autant d’avoir recours au «double avis médical», cette capacité à «compléter un avis médical par un second». Autant de choses qui doivent encore être discutées «avec les partenaires sociaux».


